Leweb 09

Leweb 09 va avoir lieu le 9 et 10 décembre 2009 à Paris. Eh oui vous avez bien lu, une grande manifestation sur le web en France. Bon vous allez me dire, oui mais alors çà va être la communauté française du web qui va se regarder le nombril. Eh bien non, car d’abord la langue officielle du Leweb09 est l’anglais, oui parce que son fondateur Loic Lemeur parle maintenant plus qu’en anglais depuis qu’il est allé s’installer dans la vallée (Loic si tu me lis…)

Le site Leweb annonce 1 800 participants et près de 30 nationalités lors de la précédente édition et nous concocte une brochette de star mitonnée à la sauce franco américaine.

Voici un petit aperçu de speakers annoncés :

  • Christopher J. Alden, CEO of  SixApart Ltd, bon c’est l’an associé de Loic…
  • Eric Archambeau General Partner of Wellington Partners une pointure dans l’industrie des VC en Europe
  • Michael Arrington Editor of TechCrunch, gourou assez grande g… du net
  • Gina Bianchini Co-founder & CEO of Ning, enfin une patronne de startup spécialisée dans la création de réseaux sociaux
  • Jeff Clavier Founder & Managing Partner SoftTech VC, investisseur en amorçage dans la Silicon Valley qui vient de faire un joli coup en revendant Mint à Intuit pour $ 170 millions
  • Andrew Fisher CEO of Shazam Entertainment la fameuse application de reconnaissance de musique sur Iphone
  • Tony Hsieh CEO Zappos fameux site de vente de chaussures qui s’est vendu à Amazon pour $ 850 millions
  • Robert Scoble American blogger, technical evangelist, and author, blogueur remarquable et très introduit dans le monde de la high tech dans la vallée
  • Marissa Mayer Google Vice President, Search Products & User Experience Google. Besoin de présenter Marissa ? Une tête bien pleine et ravissante
  • Gary Vaynerchuk Wine Library TV un phénomène du web qui présente un videoshow sur le vin online. Prestation époustouflante au dernier Leweb.
  • et bien d’autres

Je regrette quand même l’absence pour l’instant de Guy Kawasaki ou de Seth Godin.

Il faut quand même rendre à césar ce qui est à césar, cette manifestation n’aurait jamais pu voir le jour sans le travail de Geraldine Lemeur, véritable cheville ouvrière de la manifestation.

Vous voulez en savoir plus, voici une des vidéos de l’an dernier :

ou allez sur le site : http://www.leweb.net/

Pour les inscriptions, Geraldine a mis en place un système de yield management comme dans les avions. Plus tu achètes ton billet tôt moins tu payes. Actuellement, le prix du billet est à € 995. Une somme me direz vous oui mais c’est moins cher que de prendre l’avion pour voir chacun individuellement… Réservez donc dès maintenant : http://www.leweb.net/register

Vais je y aller ? En fonction de mon emploi du temps : oui.

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Capitaux risqueurs à Le Web08

Loic Lemeur à Le Web08 a réunit un panel de capitaux risqueurs européens et américains pour notamment parler des sujets qui fâchent tels que la situation économique actuelle, la méfiance des entrepreneurs vis à vis des investisseurs, et bien d’autres…

Le tour de table est composé de Fred Wilson (Union Square Ventures), Eric Archambeau (Wellington Partners), Jeff Clavier (SoftTech VC), Martin Varsavsky (FON), le tout animé par Ouriel Ohayon (Lgilab et Techcrunch France).

Voici la vidéo captée lors de la manifestation et dessous quelques morceaux que j’ai retenu ou parfois compris.

Vodpod videos no longer available.

Vous trouverez ci-dessous un résumé des interventions en sélectionnant les points qui me paraissaient les plus importants et que j’ai compris avec en italique quelques commentaires que je n’ai pas pu m’empêcher de glisser.

Je commence par la conclusion.  Pour résumer, la crise est une crise financière qui risque de gripper la majorité des investisseurs en 2009, qui vont se concentrer sur leur portefeuille. Deuxième enseignement, pour convaincre un investisseur, il faut d’abord avoir un produit/service pour qu’il puisse le tester et ensuite il discutera avec vous. Enfin, il faut être transparent et avoir des relations régulières avec son investisseur pour se dire toutes les choses mêmes celles qui fâchent.

Les intervenants ont d’abord été interrogés sur la situation économique. Plus que la situation économique, ce qui les inquiètent c’est l’aspect financier qui caractérise cette crise. En effet, la quasi totalité des fonds sont financés par des investisseurs institutionnels qui sont eux-mêmes en crise. Donc, plus que le ralentissement économique, ce qui les inquiète c’est la crise financière.

Ils ont ensuite été interrogés sur la présentation de Sequoia qui a été un véritable électrochoc pour l’industrie de capital investissement. Eric Archambeau relayé par Martin Varsavsky ont insisté sur le fait que la présentation de Sequoia venait trop tard et qu’ils avaient déjà anticipé cette crise qui couve depuis au moins 6 mois. Les parades ? Se concentrer sur le portefeuille existant et de mieux le contrôler. Pour Jeff Clavier, qui je le rappelle vit dans la vallée, cet électrochoc a été salutaire car contrairement à la bulle de 2001, les investisseurs ont pris les mesures qui s’imposent.
Je trouve l’attitude des VC américains assez moutonnière. En effet, quand un grand du capital investissement dit une chose, il faut le prendre comme parole d’évangile, même s’il enfonce des portes ouvertes. Pour ceux qui on réagit après la présentation de Sequoia, je pense que c’est trop tard, comme le laissait entendre nos intervenants.

Ouriel Ohayon a ensuite abordé un sujet un peu polémique à savoir le rapport parfois conflictuel, entre investisseurs et entrepreneurs. Eric Archambeau a clairement indiqué que les investisseurs ne doivent pas être accueillis comme des messis, ce ne sont que des partenaires qui aident les entrepreneurs à prendre les bonnes décisions. Il prêche aussi pour une certaine distance entre les investisseurs et les entrepreneurs pour avoir assez de recul quand il faut prendre des décisions difficiles. Fred Wilson concède que la relation entre investisseurs et entrepreneurs est parfois difficile notamment lors des situations difficiles notamment par un manque semble t’il de communication des investisseurs vers les entrepreneurs.
Je pense que c’est la clé d’une bonne relation entre n’importe quel partenaire : la transparence et la communication. Mais cela va dans les deux sens…

Quand on leur demande si la crise actuelle va changer les choses, ils répondent presque tous par oui. Ils ne vont pas moins investir au contraire car les valorisations sont moins fortes mais ils vont plus s’occuper de leur portefeuille pour le suivre de plus près. Pour Jeff Clavier, l’année 2009 sera difficile alors que pour Fred Wilson et Martin Varsavsky, personne ne peut savoir ce qu’il va se passer. Pour ce dernier, il a décidé d’investir plus à long terme sur des entreprises qui sont insensibles aux fluctuations à court terme des marchés.
Pour être un peu provocateur, n’a t’on pas entendu le même discours chez les banquiers quand ils disaient qu’ils prêtaient moins…

Enfin Ouriel Ohayon a soumis nos investisseurs au petit jeu des conseils pour lever des fonds et les convaincre. Là une véritable unanimité s’est faite jour résumé par Fred Wilson : envoyez moi un mail avec un lien vers votre service que je puisse tester. S’il m’intéresse je vous appelle. Jeff Clavier ayant toujours la bonne formule pour dire : « Show first, and we wil pitch after »

Un brin provocateur, Ouriel Ohayon a insisté sur le fait de présenter une idée alors que le service n’existe pas et là tire de barrage : on investit pas si tôt, utiliser le love money.

Nouveaux réflexes des capitaux risqueurs

Vous connaissez Jeff Clavier ? Il est business angels dans la Silicon Valley est investi essentiellement dans l’internet et notamment le web2.0. Interrogé par Vator.tv, il nous livre une analyse assez intéressante sur l’évolution du monde des capitaux investisseurs.

Pour ceux qui ne parle pas l’anglais, voici un résumé rapide :

  • pour pouvoir lever des fonds auprès de capitaux risqueurs, il faut pouvoir démontrer que l’on ait capable de vendre son produit (générer du CA voire de la rentabilité) mais aussi d’avoir des clients et un Business Modèle validé. C’est d’autant plus valable en France que les capitaux risqueurs français sont plus capitaux que risqueurs.
  • pour pouvoir lever des fonds auprès de Business Angels, il faut avoir une idée déjà bien établie. Pour Jeff, lui ne va investir que des entreprises qui ont un historique de deux ans (est ce encore de l’Early Stage ?) et avec un Business Modèle validé. Jeff tu deviens un capital risqueur et tu délaisses l’Early Stage ? Age de raison ou effet de la crise ?
  • les business modèles basés sur la création de trafic et ensuite la monétisation ne sont plus à la mode. Pour avoir un business modèle validé il faut donc pouvoir monétiser rapidement les services et les contenus.
  • les business modèles basés entièrement sur la publicité sont très risqués car les budgets se réduisant, les annonceurs auront tendance à privilégier les sites les plus connus au détriment des petits nouveaux.
  • la crise est un très bon moment pour investir. D’abord parce que les coûts pour les startups sont plus faibles (loyers par exemple). Ensuite car il y a plus de main d’oeuvre disponible et à un meilleur coûts. Enfin car les valorisations ont sensiblement baissé. C’est la dure loi de l’offre et de la demande…

Vodpod videos no longer available.

Cette interview me laisse à penser que la crise a du bon. En effet, on revient à une façon de travailler plus « normale » où il faut d’abord pouvoir valider un minimum de choses avant de trouver de l’argent et pas seulement investir sur une bonne idée.

Donc quand on créée une entreprise, il faut d’abord apprendre à gérer ses ressources limitées et tout faire pour générer des ressources. Certes, au départ cela nécessite de l’imagination et de ne pas se consacrer à 100% à son produit innovant que l’on veut développer. Mais cette stratégie de financement du développement du produit par les ressources internes de l’entreprise est une stratégie gagnante à moyen terme car cela permet de se constituer une base de clients intéressante, de démontrer que l’on ait capable de vendre et aussi que l’on ait capable de gérer l’argent. Ensuite au bout de 1 à 2 ans, une fois que le produit est en phase alpha, il est tant de le tester auprès de ses clients que l’on a déjà constitué et ensuite pendant 1 à 2 ans de construire le business modèle avec l’aide de ses clients. Enfin, une fois que le produit est validé ainsi que le Business Modèle, on peut faire appelle aux capitaux risqueurs (tiens d’ailleurs en a t’on vraiment besoin ????). Cà c’est une autre histoire.