L’économie et la presse

J’ai été depuis le début un fan de la radio BFM que je suivais régulièrement, chez moi, dans ma voiture, en faisant du sport avec les podcasts. J’utilise l’imparfait car l’évolution de la radio ne me plaît pas. En effet, la rentrée de la radio se fait sous le signe de la bourse, bourse et encore bourse.

Je pense que l’exemple de BFM est parfait pour expliquer la dérive des médias de l’économie vers la bourse. C’est d’autant plus paradoxale, qu’aujourd’hui le sport national est de tirer sur les traders, y compris sur BFM alors qu’on ne parle plus que de Bourse.

Mais alors je m’interroge, la bourse serait elle le nouvel employeur. Bientôt nous n’aurons plus besoin d’entreprises car la bourse aujourd’hui spécule sur produits qui parfois n’ont plus rien à voir avec le monde de l’entreprise. En plus comme le disent les banquiers, pourquoi voulez vous que j’aille m’e… à gérer des milliers de dossiers d’entrepreneurs râleurs alors que je peux gagner 10 fois plus en bourse. Sauf que la bourse sans les entreprises cela s’appelle un casino…

Franchement, arrêtons de nous focaliser sur la bourse et les grandes entreprises. Parlons d’économie car parler d’économie, c’est parler de PME, d’entreprises qui se battent tous les jours pour survivre, vivre ou se développer. La vraie richesse est là et pas dans la bourse. La bourse doit être au service des entreprises et pas l’inverse.

Dommage cette hyper médiatisation des grandes entreprises et aucun mot sur les PME… C’est l’un des problèmes culturels français…

BFM dommage, je ne t’écouterais plus que le matin avant 10 heures car ensuite la bourse est ouverte…

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200 millions d’euros pour les PME

Le gouvernement vient d’annoncer la création d’un nouveau fonds de soutien qui permettrait d’aider les PME de taille moyenne à reconstituer leurs fonds propres. Bonne nouvelle, car comme je m’évertue à le dire depuis des années, le problème de financement des entreprises ne vient pas uniquement des banques mais des entreprises ou plutôt du manque de fonds propres.

Petite démonstration très simple. Prenons le principe (tout théorique) qu’un banquier prête 1 euros si l’entrepreneur apporte 1 euros. Donc si les fonds propres sont égaux à 100 alors le banquier prêtera au maximum à 100. C’est pour cela que l’on dit que les banquiers ne prêtent qu’aux riches…

Deux observations, cependant sur cette annonce qui doit encore être précisée.

La première, c’est que la mise en oeuvre semble plutôt bien ficelé. En effet, ce serait le FSI (Fonds de Soutien à l’Industrie) géré par la Caisse des Dépôts qui en assurerait la gestion, gage de professionnalisme. Ensuite, l’innovation dans ce cadre là, serait que ce soit le médiateur du crédit qui identifiera les cibles intéressantes. Gage de réalisme économique…

La seconde porte sur les montants. Il semblerait que les fonds alloués seraient de 200 millions d’euros et que le ticket moyen de 10 millions d’euros par entreprise. Alors si je calcule bien ce fonds ne concernerait que 20 entreprises. Peu pour un fonds de soutien non ?

Ce qui serait par contre intelligent, c’est d’appliquer le principe de co-financement. A savoir que pour 10 millions recherchés, l’entreprise recevrait 2,5 millions par ce fonds, 2,5 millions par un fond privé et 5 millions de dettes bancaires. Il faudra certainement imaginé une répartition plus réaliste à savoir notamment une part moins importante des banquiers qui ont déjà des créances dans l’entreprise (3,5 – 3,5 – 3 par exemple)… Cela permettrait alors plus de 55 entreprises ce qui serait plus respectable…

Suite Lundi avec le discours du président.

Financement des entreprises

J’ai reçu un message d’un internaute, me remerciant pour mon blog, cela fait toujours plaisir mais également dénonçant l’impossibilité de financer son projet qui semblait tourner autour de la création d’une communauté et d’un produit sur un marché précis.

J’ai alors repensé à plusieurs projets qui m’ont été présenté et que j’ai malheureusement du refuser pour les investisseurs que je connais, car je sais évidemment qu’ils ne financeront pas… La question du financement en amorçage est un vrai problème. Qui peut dire qu’il est capable de financer de bonnes idées sans avoir un prototype et des clients ? Malheureusement, il semble qu’il y en ait relativement peu. Vous me direz, c’est plus sage non ? Certes. Mais ce sont souvent les mêmes investisseurs qui placent leur argent sur des produits qui leur vont miroiter la lune alors qu’ils ne connaissent pas mieux le produit.

Alors me direz vous, les entrepreneurs ne font ils pas aussi rêver que les placements financiers ? Certes, non à les en croire mais je crois que le problème se situe ailleurs et que cela doit être une chance plus qu’un élément de renoncement.

Vous avez un projet de création d’entreprise qui repose sur une idée qui nécessite une levée de fonds importante. Guy Kawasaki vous dirait, et c’est plein de bon sens, pourquoi demandez vous à quelqu’un qui ne vous connait pas de risquer ce que vous n’êtes pas prêt à risquer vous même ? Ok, nous n’avez sûrement pas cet argent mais demandez vous sérieusement si vous l’aviez si vous investireriez dans votre projet. Pas sûr, mais si tel est le cas, alors transformez cette contrainte en opportunité.

Comment ? En restant indépendant et finançant vous même votre projet par votre travail. Votre idée repose évidemment sur votre savoir faire, votre savoir ou celui de votre équipe. Alors monétisez les auprès de clients qui pourront ensuite devenir des clients pour votre produit. Investissement minimal pour indépendance maximale. C’est à ce prix que vous pourrez ensuite, revoir l’ensemble des gens qui vous ont dit non et leur faire comprendre qu’ils avaient tord. La vengeance est un plat qui se mange froid non ?

Vous allez me dire comment faire ? Prenons un exemple concret pour bien comprendre. Imaginez que vous souhaitiez créer une communauté (c’est à la mode) dans le domaine du financement d’entreprise (c’est aussi à la mode, enfin tout le temps à la mode malheureusement). Bon ok, vous devriez pas trop avoir de problèmes de financement car vous connaissez le secteur. Mais imaginons.

La première étape est d’abord de créer un blog d’informations. Deux avantages :

  1. Vous créez une communauté, le but que vous recherchez
  2. Vous enrichissez votre savoir et cultivez votre savoir faire

La deuxième étape est de créer un fil twitter afin d’attirer un maximum de gens sur votre blog.

La troisième étape est ensuite de monétiser votre blog par la publicité, la vente d’informations, les conseils online. Attention à bien veiller à rentabiliser au maximum afin de dégager la trésorerie pour financer votre projet.

Ensuite une fois que vous avez atteint votre montant à financer, vous pouvez passer à la phase 2 qui est la création de votre communauté et là vous n’aurez pas de mal à trouver des financeurs complémentaires. Ne dit on pas on ne prête qu’aux riches ?!?!

Faire revenir les PME vers la Bourse…

J’ai entendu ce matin sur BFM Radio que l’un des moyens de contourner la sécheresse ou la prudence des banquiers serait de renforcer les fonds propres par la bourse. Autant, je souscris à 100% à la première partie qui est de renforcer les fonds propres, autant j’éclate de rire en entendant le moyen : la bourse.

Le constat est juste. Les PME françaises ont besoin de renforcer leur fonds propres. C’est une exigeance des banques qui est plutôt fondée mais qui ne date pas de la crise. Certes, celle-ci à accélèrer un mouvement, mais déjà bien avant celle-ci, les banques ont mis en place timidement les nouvelles dispositions de Bâle 2 dont l’un des effets, est la nécessité de ré-équilibrer la structure financière des banques et des entreprises clientes.

Ce qui me fait éclater de rire, c’est le remède. Il est, comme souvent, pire que le mal. Comment voulez vous attirer les PME vers la bourse en voyant les pratiques plus que douteuses des opérateurs de marché ??? Une entreprise, à fortiori une PME, a besoin de temps, de stabilité tout ce que la bourse n’offre pas.

De plus, quand on voit comment les introductions en bourse des petites valeurs se sont passées avec des pratiques dignes des Madoffs et consorts, cela n’incite en aucun cas les PME à s’introduire en bourse.

Soyons sérieux, je ne conseillerai jamais à mes clients pour renforcer leur fonds propres en envisageant l’introduction en bourse et ceci pour 3 raisons :

  1. Stratégie des opérateurs de marché trop spéculative,
  2. Illiquidité sur ces marchés,
  3. Coûts trop importants

Pire de tout cela, un remède existe : les Business Angels. Il existe des milliards d’euros qui dorment sur l’assurance vie est qui est souvent investi par des opérateurs qui n’ont aucune expérience de l’entreprise. Ce sont maintenant aux entrepreneurs de se mobiliser pour s’entraider.

Cela commence à se faire, car j’entends çà et là des projets de banques d’entrepreneurs où des entrepreneurs se rassemblent pour se prêter entre eux, voir entrent au capital dans les entreprises des uns des autres.

Le début de la fin pour les banques, certes non, mais une réponse pas si inintéressante…

Scandale du marché libre

Marre, j’en ai marre. J’ai pas l’habitude de dénoncer des pratiques qui pourtant me révolte, mais là s’en est trop. Je suis, en effet, exaspéré par ses marchands de rêve qui ont fait et qui feront encore miroiter aux entrepreneurs des montagnes d’argent simplement en s’introduisant en bourse.

Bravo pour le mirage. En effet, j’ai été confronté plusieurs fois à ses marchands de rêve qui ont convaincu certains de mes clients ou prospects d’introduire leur entreprise sur le marché libre. Résultat des courses : sur 2 expériences, une liquidation judiciaire et une entreprise au bord du dépôt de bilan. Pourquoi ? Tout simplement car leur promettant des milliers d’euros, ces introducteurs peu scrupulueux ont demandé des honoraires plus qu’exorbitant dont une partie souvent € 50 000 étaient des honoraires fixes. Dans les deux cas que j’ai en tête, les évaluations d’introduction étaient démentielles et bien sûr, les entreprises n’ont pas levé l’argent dont elles avaient besoin.

Pourquoi ces introductions sont souvent des arnaques ?

Mensonge n°1 : facilité de trouver de l’argent. C’est un mensonge car pour faire une introduction réussie, il faut que l’entreprise est une certaine maturité et que le dossier soit correctement construit. Or, certains introducteurs peut scrupuleux ne s’intéressent qu’au levier fiscal et en aucun cas au dossier en lui-même. J’ai tout de même vu des dossiers d’introduction réalisée grâce à des business plans jamais audités. Plus grave, les évaluations étaient basés sur ces business plans sans aucune vérification.

Mensonge n°2 : les investisseurs peuvent sortir facilement. Demandez aux nombres des investisseurs qui ont financé la pré introduction. On leur avait fait miroiter qu’ils étaient des privilégiés car ils souscrivaient à des conditions plus avantageuses que l’introduction en bourse. Attrappe gogo, car la plupart du temps, il est tout simplement impossible de sortir de ses entreprises car le marché libre est souvent très peu liquide et que les principaux opérateurs de marché ne se risquent pas sur ce marché pour deux raisons : entreprises trop jeunes et peu de flottants.

Attention donc quand on vous présente les choses en vous disant que c’est une superbe opportunité. Tout ce qui brille n’est pas de l’or.

Trouver de l’argent n’est pas un acte anodin, cela prend du temps et coûte un peu d’argent donc gaffe aux défenseurs du marché et des petits porteurs comme certains gourous veulent bien se présenter…

Le capital investissement au secours des PME

Un article dans les Echos daté du jeudi 2 octobre 2008 a retenu mon attention. Dans le second cahier, Entreprises & Marchés, il y avait en première page un article sur le capital investissement. Il était consacré aux statistiques de l’activité de cette industrie. En deux mots, l’activité du premier semestre 2008 par rapport au premier semestre 2007 a ralenti de 20 %, plombé par la fin de LBO géant et du ralentissement de l’activité des fonds LBO. Par contre l’activité vers, je cite, les TPE (CA moins de 50 millions) a augmenté.

Que nous apprenne ces statistiques ?

Premièrement, la fin des grands opérations de LBO où l’on faisait des opérations de mécanos souvent très compliquées très rapidement. Pourquoi ? Simplement, car le robinet des prêts s’est tari. En effet, vu que l’argent n’était pas cher, moins de 2 %, les fonds LBO n’hésitaient pas à lever beaucoup de dettes pour racheter des entreprises, les remettaient sur pied (à quel prix !!!) et les revendaient en faisant des profits considérables. Les banques ne se faisant plus confiance, elles ne prêtent plus et voilà le château de carte qui s’effondre. Pas plus mal, car on va revenir à des valorisations des entreprises plus proches de la réalité.

Deuxièmement, les entreprises francaises, enfin les TPE au sens Les Echos du termes, ont des projets d’investissement et ont besoin de trouver des financements. Bonne nouvelle non ???

Le problème est double : elle sont notoirement sous capitalisées et les banques prêtent moins. En effet, si l’on regarde le ratio Fonds Propres/Dettes, les entreprises françaises ont plus tendance à faire appel au crédit qu’au fonds propres.

3 raisons à cela :

  • l’offre de financement est surbanquarisée en France et les réseaux bancaires sont très puissants ;
  • l’accès à la dette est plus facile, un prévisionnel d’activité, et voilà c’est bon ;
  • une méfiance des entrepreneurs vis à vis des capitaux investisseurs, qui voient en eux de méchants financiers qui veulent mettre la main sur leur entreprise ou tout du moins qui les laisseront pas faire ce qu’ils veulent.

Pour moi aujourd’hui, le développement de l’industrie du capital investissement est indispensable dans notre pays pour renforcer la solidité financière de nos PME (à mon sens du terme cad CA<50 millions d’euros). Par contre, ce développement ne peut passer que par une régionalisation de l’offre. Regardez un peu la répartition géographique de l’investissement : 75 % en Ile de France. Ah notre sacro sainte centralisation parisienne.

Autre point positif dans ses statistiques, c’est que les personnes physiques (1,754 milliards) ont apporté plus aux acteurs du capital investissement que les sociétés d’assurances (1,752 milliards) nettement moins que les banques (2,177 milliards). L’effet défiscalisation ISF ? A n’en pas douter, mais cela prouve bien que si on les incite et on leur explique les français ne sont pas réticences à investir dans les entreprises françaises.

La prochaine étape serait elle l’investissement en direct dans les PME comme Business Angels ? A suivre…

Développement des entreprises

J’écris ce post pour éviter de regarder les bêtises de l’été, rediffusion de rediffusion. En même temps que je surfais et lisais mes flux RSS, je suis tombé successivement sur 2 posts très différents : le premier sur TechCrunch et le second sur Presse-Citron. Par association j’ai lié les deux.

Le premier traite, en vidéo, d’une table ronde sur la possibilité de créer un Google à la française, avec le même succès. Comme je l’ai mis en commentaire, ce qui me fait rigoler c’est que pendant que les français réfléchissent les américains agissent. Enfin pas tous. En effet en France, on pense que toutes les zones sont dynamiques que la Silicon Valley, mais celle-ci est un cas unique dans le monde. En effet, je ne suis pas sûr que les deux ptits gars de Google auraient réussi de la même manière à Dallas, Los Angeles, ou même à New York. De plus, je pense que les start-ups françaises ne manquent pas de soutien. Elles manquent simplement d’ambitions. Avec tous les dispositifs qui existent aujourd’hui, c’est à se demander si en France les start-ups françaises ne sont pas financées par l’Etat. Je vais vous raconter une anecdote personnelle. Je viens de rejoindre une start-up dans un domaine très brick and mortar, comme on disait à l’époque de la bulle internet mais qui s’appuie sur les nouvelles technologies. Nous sommes  innovants aussi bien dans notre approche du marché, que dans la mise en oeuvre des solutions que nous offrons à nos clients. Quand je disais chez mon ancien employeur, un des Big Four, que nous avons une volonté de devenir un acteur national, la plupart des gens m’ont regardé avec des yeux ronds. Est ce vraiment trop ambitieux de devenir un acteur national majeur ?

Le second traite de l’aspect francophone du site très populaire presse-citron. Et là, je me suis dit voilà aussi une des raisons pour lesquelles les start-ups françaises n’atteignent pas une taille mondiale : la barrière de la langue. En effet, quelles sont les start-ups françaises qui pensent internationale et qui parlent anglais ? Très peu et c’est là le vrai problème. Il ne faut pas penser France, il faut penser monde.

Vous me direz et vous que faites vous, avez vous une stratégie internationale. En fait, on y pense et pas seulement en se rasant le matin. Cela pourra être le 3ème étage de notre fusée.

A suivre …