Pourquoi ne pas jamais s’introduire en Bourse ?

Pour ceux qui me lisent de temps en temps, vous savez que je ne suis pas fan de  bourse. Et les évènements me donnent pas tout à fait tord en ce moment…

Pourquoi les entreprises n’ont plus intérêt à s’introduire en bourse ?

Au déjà des raisons classiques telles que les coûts engendrés, la bourse est devenue un véritable casino dont les cours des entreprises sont de plus en plus décorrélés  des fondamentaux des entreprises. Ce qui intéresse les investisseurs est aujourd’hui uniquement les performances à court terme. Or une entreprise est tout sauf une structure de court terme. Imaginez à la création de Peugeot ou Renault s’il avait eut ce genre d’investisseurs. Pensez vous réellement que nous roulerions en voiture ? Je suis sûr que non.

Prenons un autre cas emblématique : Carrefour. Société bien connue qui a décidé d’être un acteur mondial en investissant massivement dans les pays émergents (1ère chaine en Chine). Résultat cours de bourse qui dévisse de 30%, normal l’entreprise est en phase d’investissement en ouvrant un magasin par semaine en Chine.

Pour renforcer son capital, Carrefour fait rentrer des investisseurs de long terme pensent les dirigeants : le fonds Colony Capital et Bernard Arnault qui alléchés par l’immobilier pensent pouvoir dégager des plus values substancielles. Mais manque de bol, voilà que la crise arrive et touche de plein fouet l’immobilier. Alors ils ne trouvent pas mieux à faire que de vouloir affaiblir Carrefour en essayant de l’obliger à abandonner sa politique d’expansion dans les pays émergents pour se rencentrer sur l’Europe où la consommation est atone.

La question que je me pose est quelle est leur motivation ? S’ils voulaient faire disparaître Carrefour ils ne s’y prendraient pas autrement. Si Carrefour suit cette stratégie, il se fera avaler dans quelques années par Walmart numéro 1 mondial qui est bizarrement en retard en Chine…

Et la cerise sur le gâteau c’est que depuis l’annonce de cette information, le cours de bourse s’envole. Vous doutiez que la bourse est un casino ?

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Financement des entreprises

J’ai reçu un message d’un internaute, me remerciant pour mon blog, cela fait toujours plaisir mais également dénonçant l’impossibilité de financer son projet qui semblait tourner autour de la création d’une communauté et d’un produit sur un marché précis.

J’ai alors repensé à plusieurs projets qui m’ont été présenté et que j’ai malheureusement du refuser pour les investisseurs que je connais, car je sais évidemment qu’ils ne financeront pas… La question du financement en amorçage est un vrai problème. Qui peut dire qu’il est capable de financer de bonnes idées sans avoir un prototype et des clients ? Malheureusement, il semble qu’il y en ait relativement peu. Vous me direz, c’est plus sage non ? Certes. Mais ce sont souvent les mêmes investisseurs qui placent leur argent sur des produits qui leur vont miroiter la lune alors qu’ils ne connaissent pas mieux le produit.

Alors me direz vous, les entrepreneurs ne font ils pas aussi rêver que les placements financiers ? Certes, non à les en croire mais je crois que le problème se situe ailleurs et que cela doit être une chance plus qu’un élément de renoncement.

Vous avez un projet de création d’entreprise qui repose sur une idée qui nécessite une levée de fonds importante. Guy Kawasaki vous dirait, et c’est plein de bon sens, pourquoi demandez vous à quelqu’un qui ne vous connait pas de risquer ce que vous n’êtes pas prêt à risquer vous même ? Ok, nous n’avez sûrement pas cet argent mais demandez vous sérieusement si vous l’aviez si vous investireriez dans votre projet. Pas sûr, mais si tel est le cas, alors transformez cette contrainte en opportunité.

Comment ? En restant indépendant et finançant vous même votre projet par votre travail. Votre idée repose évidemment sur votre savoir faire, votre savoir ou celui de votre équipe. Alors monétisez les auprès de clients qui pourront ensuite devenir des clients pour votre produit. Investissement minimal pour indépendance maximale. C’est à ce prix que vous pourrez ensuite, revoir l’ensemble des gens qui vous ont dit non et leur faire comprendre qu’ils avaient tord. La vengeance est un plat qui se mange froid non ?

Vous allez me dire comment faire ? Prenons un exemple concret pour bien comprendre. Imaginez que vous souhaitiez créer une communauté (c’est à la mode) dans le domaine du financement d’entreprise (c’est aussi à la mode, enfin tout le temps à la mode malheureusement). Bon ok, vous devriez pas trop avoir de problèmes de financement car vous connaissez le secteur. Mais imaginons.

La première étape est d’abord de créer un blog d’informations. Deux avantages :

  1. Vous créez une communauté, le but que vous recherchez
  2. Vous enrichissez votre savoir et cultivez votre savoir faire

La deuxième étape est de créer un fil twitter afin d’attirer un maximum de gens sur votre blog.

La troisième étape est ensuite de monétiser votre blog par la publicité, la vente d’informations, les conseils online. Attention à bien veiller à rentabiliser au maximum afin de dégager la trésorerie pour financer votre projet.

Ensuite une fois que vous avez atteint votre montant à financer, vous pouvez passer à la phase 2 qui est la création de votre communauté et là vous n’aurez pas de mal à trouver des financeurs complémentaires. Ne dit on pas on ne prête qu’aux riches ?!?!

Faire revenir les PME vers la Bourse…

J’ai entendu ce matin sur BFM Radio que l’un des moyens de contourner la sécheresse ou la prudence des banquiers serait de renforcer les fonds propres par la bourse. Autant, je souscris à 100% à la première partie qui est de renforcer les fonds propres, autant j’éclate de rire en entendant le moyen : la bourse.

Le constat est juste. Les PME françaises ont besoin de renforcer leur fonds propres. C’est une exigeance des banques qui est plutôt fondée mais qui ne date pas de la crise. Certes, celle-ci à accélèrer un mouvement, mais déjà bien avant celle-ci, les banques ont mis en place timidement les nouvelles dispositions de Bâle 2 dont l’un des effets, est la nécessité de ré-équilibrer la structure financière des banques et des entreprises clientes.

Ce qui me fait éclater de rire, c’est le remède. Il est, comme souvent, pire que le mal. Comment voulez vous attirer les PME vers la bourse en voyant les pratiques plus que douteuses des opérateurs de marché ??? Une entreprise, à fortiori une PME, a besoin de temps, de stabilité tout ce que la bourse n’offre pas.

De plus, quand on voit comment les introductions en bourse des petites valeurs se sont passées avec des pratiques dignes des Madoffs et consorts, cela n’incite en aucun cas les PME à s’introduire en bourse.

Soyons sérieux, je ne conseillerai jamais à mes clients pour renforcer leur fonds propres en envisageant l’introduction en bourse et ceci pour 3 raisons :

  1. Stratégie des opérateurs de marché trop spéculative,
  2. Illiquidité sur ces marchés,
  3. Coûts trop importants

Pire de tout cela, un remède existe : les Business Angels. Il existe des milliards d’euros qui dorment sur l’assurance vie est qui est souvent investi par des opérateurs qui n’ont aucune expérience de l’entreprise. Ce sont maintenant aux entrepreneurs de se mobiliser pour s’entraider.

Cela commence à se faire, car j’entends çà et là des projets de banques d’entrepreneurs où des entrepreneurs se rassemblent pour se prêter entre eux, voir entrent au capital dans les entreprises des uns des autres.

Le début de la fin pour les banques, certes non, mais une réponse pas si inintéressante…

Faillite de Lehmann Brothers. Une erreur ?

En écoutant BFM Radio ce matin, j’ai essayé de répondre à la question que posait l’animateur : la faillite de Lehmann Brothers, une erreur ?

Alors bien sûr, on est allé trouvé les théoriciens du complot qui nous expliquent que comme Hank Paulson, l’ex secrétaire au Trésor était un ancien de Goldmann Sachs, il a voulu se venger en détruisant Lehmann Brothers. Si cette théorie est exacte, c’est encore plus grave que le complot. Il y avait des incapables à la tête de la finance mondiale…

D’autres économistes nous expliquent que c’était une erreur car c’est Lehmann Brothers qui a accélèré les effets de la crise qui aurait pu être une crise limitée sans la faillite de la banque. Je veux bien entendre cet argument, mais n’est ce pas tout simplement reculé pour mieux sauter.

Je leur pose à tous la question, ne fallait il pas cet électro choc pour réveiller un petit peu les consciences et siffler la fin de la récréation. Pour ma part, je pense que la faillite de Lehmann a été une bonne chose pour le système, une mauvaise certes pour ses employés.

Vive le bonus des traders !!!!

Titre un brin provocateur ? Assurément oui. La question est pourquoi ?

La réponse en fait est assez simple : je suis exaspéré de voir que l’on traite jamais les problèmes à leur source mais que l’on préfère faire des annonces plutôt que de travailler en profondeur sur le système.

Pourquoi le bonus des traders est un faux problème ? Bien sûr, il faut réformer le système des bonus. Mais ce n’est pas aux Etats de le faire mais aux banquiers eux-mêmes. Tout cela me fait penser à l’entreprise de négoce qui a des commerciaux qui se comportent comme les traders. Pensez vous qu’elle a un avenir ? Assurément non. Vous me direz les banques sont un cas à part puisqu’elles sont indispensables à la bonne marche de l’économie. Certes, mais alors, quand les Etats injectent des milliards dans les banques, qu’ils imposent un certain nombre de clauses de bonne conduite…

Autre sujet concernant la finance qui m’hérisse le poils récemment : affaire UBS et plus récemment l’affaire des 3000 fraudeurs français. Il n’est pas question de contester que les fraudeurs doivent être punis en fonction des règles en vigueur. Mais ce qui m’étonne, c’est que personne ne s’interroge sur l’attitude scandaleuse des banques dans cette affaire. Figurez vous que ces banques non seulement ont proposé à leurs clients les plus fortunés d’ouvrir des comptes pour frauder le fisc mais les ont fortement incités. Cela ne s’appelle de la complicité ???? Plus fort que cà, non seulement, elles dénoncent mais en plus elles ne sont pas inquiétées et ne payent même pas la plus petite amende… Qui est le professionnel dans l’affaire ? Qui a eut l’intention la plus coupable dans l’affaire ? Le contribuable ou le banquier ?

Je trouve ces pratiques de délations toutes aussi scandaleuses que les pratiques de fraudes fiscales mais personne n’en parle. Pourquoi ???

Là on en revient à ce que je dis depuis longtemps, l’argent est profondément amoral ou immoral à vous de choisir. C’est pour cela que de vouloir moraliser une industrie qui par définition est amorale, cela me fait doucement rire. Allez continuons à faire du fric avec du fric et laissons les entrepreneurs se débrouiller seuls à ramer pour créer la richesse et surtout des emplois…

Chute de l’investissement des Business Angels aux USA

Chute vous avez dit chute. Oui, cela reste cependant qui reste plus qu’honorable si l’on compare aux chiffres en France. L’investissement des Business Angels (BA) aux Etats-Unis a chuté de 26% en 2008 pour atteindre $19,2 milliards selon l’étude annuelle du Center for Venture Research de l’université du New Hampshire.  Si l’on extrapolait ce chiffre à la France en le pondérant par le PIB, cela donnerait un potentiel d’investissement des BA en France d’environ $3 milliards soit € 2,3 milliards. Ca nous laisse rêveur…

Cette baisse n’est pas due à la baisse des tickets moyens d’investissement mais surtout à la baisse du nombre d’investissement en baisse de 24 %.

Selon l’étude, le nombre de BA reste constant autour de 260 500 et essentiellement orienté plutôt sur de l’amorçage avec 40 % de leur investissement. Les secteurs préférés des BA sont la santé (16 %), les logiciels (13 %), la distribution (12 %), la biotechnologie (11 %), l’industrie et l’énergie (8 %) et enfin les médias avec 7%.

L’étude nous apporte aussi un éclairage sur les sorties des BA. Les sorties réalisées par les BA se font essentiellement lors de rachats (70 %), à peine 4 % par des introductions en bourse et 26 % par la faillite…

Je vous avoue que cela fait presque 10 ans que l’étude du CVR de l’université du New Hampshire me laisse rêveur. Peu d’experts le disent mais l’une des bases de la prospérité américaine est les Business Angels. Pensez vous que Google, Apple, Microsoft, Southwest, et même le grand conglomérat General Electric serait les géants qu’ils sont sans l’intervention des Business Angels ? Assurément non. Les BA apportent aux jeunes entreprises les moyens d’assurer leur développement mais plus que çà un véritable conseil gratuit pour éviter les pièges. Imaginez vous que les BA payent pour pouvoir donner des conseils…

Sources :

Projet de doublement du plafond ISF

Nouveauté de notre petit Nicolas, pardon Monsieur le Président. Le Président a annoncé qu’il envisageait de doubler le plafond de réduction ISF pour les investisseurs investissant dans les PME. Pour rappel, il s’agit en fait d’une réduction de 75% du montant de l’investissement sur le montant de l’ISF. Actuellement, le plafond est fixé à 50 000 € soit  66 666 € d’investissement. Le projet du Président est de faire passer le plafond à 100 000 € pour un investissement de 133 333 €.

Je trouve que c’est une très bonne nouvelle car les PME françaises manquent cruellement de fonds propres par rapport à nos voisines européennes. Pourquoi ? D’abord car l’économie française est surbancarisée. Pour preuve regardez le nombre d’agences bancaires qui existent et comme il est facile de payer avec une carte bleue. Ensuite car les entreprises françaises distribuent souvent plus que leur homologues européennes peut être parce que le crédit est plus facile. 

Drainer l’épargne public directement vers les entreprises, je trouve cela une excellente idée. Je pense que l’on voit naître une nouvelle façon de financer les entreprises. Mais attention, l’investissement dans les entreprises n’est pas un acte anodin. D’abord car on investit de l’argent que l’on a parfois mis des années à gagner. Ensuite parce que l’on peut tout perdre. Enfin, parce que c’est l’une des formes d’investissement la plus risquée.

Par contre il y a un revers à la médaille. En effet, souvent pour éviter de payer l’ISF, certains investisseurs investissent dans n’importe quelle entreprise, au risque de tout perdre.

Il faut aujourd’hui sensibiliser les investisseurs ou les futurs investisseurs à cet investissement risqué. Non pas pour les décourager mais simplement pour les aider à choisir les bonnes entreprises. Donc attention aux conseils qui vous proposent de superbes opportunités d’investissement. Utilisez votre bon sens et votre instinct. Ca été votre meilleur allié dans les affaires, cela le restera dans l’investissement.