L’avenir de l’industrie en France : constats (partie 1)

Observateur depuis quelques années de l’évolution de l’industrie française par rapport à l’industrie allemande, et je m’aperçois que le fossé se creuse!!! Vous me direz que c’est une vérité de La Palice. Peut être mais apparemment, je n’ai pas l’impression que l’on prend réellement en compte cette donnée.

Il me semble qu’il y a plusieurs raisons à ce différenciel qui se creuse.

Tout d’abord, une économie en mutation

Autre vérité à énoncer : l’économie devient mondiale et les économies nationales doivent s’adapter. En effet, quand les échanges mondiaux étaient faibles, il était acceptable de faire faire des pièces sans valeur ajoutée en France. Comment être compétitif, il fallait simplement être capable d’automatiser un maximum le process. Or aujourd’hui même si l’on automatise le process, les pièces produites en Asie restent moins chères. Il est donc aujourd’hui très difficile de produire des pièces basiques. L’épineux problème est que faire des gens à faible niveau de formation ? C’est un vrai challenge!!!

Ensuite, une culture de l’industrie

Notre pays a perdu sa culture de l’industrie. Aujourd’hui travailler dans une usine c’est pas in. Traverser juste le rhin et vous vous apercevrez que nos amis allemands sont très fiers de leur industrie et travailler en usine est motif de grande fierté et satisfaction. Pourquoi ? Tout simplement car l’Allemagne a toujours misé sur son industrie pour enrichir le pays et que la chance est donnée à chaque ouvrier de devenir peut être un jour patron ou en tout cas de s’accomplir dans son travail (l’amour du travail bien fait). Au sortir de la 2ème guerre mondiale, nous avions également cette culture, il s’agit de la retrouver…

Enfin, un moyen de financement plus du tout adapté

On entend partout des chefs d’entreprises vent debout contre les banquiers. C’est devenu une phrase à la mode qu’il est de bon ton de sortir dans un diner… Loin de moi l’idée de dédouaner totalement les banquiers qui sont en grande partie responsables de cette situation mais il ne faut tout de même pas oublier que l’argent qu’il prête est notre argent et que l’on n’aimerait sûrement pas que l’on le dilapide!!!
Ce qui manque en France, ce sont de vrais investisseurs de longs termes qui sont capables d’accompagner aussi bien financièrement qu’avec des conseils des entrepreneurs. Vous me direz qu’il existe de fonds d’investissement pour cela. Certes, mais croyez vous vraiment que 5-7 ans (période d’investissement pour un fonds) est une période suffisante pour développer une stratégie industrielle ? J’en doute franchement. Il nous faut donc des investisseurs de longs termes qui sont capables d’accompagner des entreprises au delà de 10 ans et nous avons les ressources : regardez les milliards qui dorment sur l’assurance vie!!!

Les secrets de Steve Jobs appliqués à l’entreprise

Dans un article publié dans The Street Carmine Gallo, l’auteur du livre The Innovation Secrets of Steve Jobs: Insanely Different Principles for Breakthrough Success nous livre quelques uns des secrets de la réussite de Steve Jobs.

Il en compte 4 :

  1. Vouloir changer le monde
    Mais attention, ce n’est pas une vision d’orgueil mais plus une volonté naive peut être de faire évoluer les choses. Mais si on n’y regarde de plus près elle n’est pas si naive que çà. Si vous examinez les choses sous un angle très pragramatique. Etant un nouvel entrant sur le marché, vous devez faire votre place. Donc si vous n’apportez rien de plus, la nouveauté du produit ne suffira pas. Donc ce point de vue est loin d’être naif!!!
  2. Vendre du rêve et non des produits
    Si vous regardez les produits Apple, ils ont un design remarquable. Que l’on aime ou pas là n’est pas la question, ils sont différents. De plus, Apple vend plus une utilisation qu’un produit. Mais après tout n’est ce pas ce que l’on demande à un produit, qu’il nous rende des services!!!!
  3. Dire non à 1000 innovations
    Il est vrai qu’il faut être très sélectif. Et même Apple n’est pas à l’abri de déconvenues commerciales regardez l’Apple TV… Les startups ont cet avantage (ou l’inconvénient c’est selon) de pouvoir faire des tests auprès de leurs premiers clients afin de savoir quels sont les produits ou services qui conviennent le mieux à leurs clients. Alors le mot d’ordre est essayer, essayer et essayer encore!!!
  4. Transformez l’acte d’achat en un acte de plaisir
    Si vous prenez les Apple Store. Savez vous que les employés ne sont pas payés à la commission mais pourtant c’est l’une des chaines les plus rentables dans la distribution!!! Pourquoi ? Tout simplement car ils ne présentent pas un produit, ils montrent comment il fonctionne, les gens peuvent le tester car ils sont sûrs de leurs produits et que la facilité d’utilisation est le meilleur argument de vente!!!

En conclusion, si vous souhaitez utiliser en partie ses 4 secrets de Steve Jobs, il faut donc que vous ayez une vision stratégique qui puisse mobiliser vos équipes, vos partenaires. Vendre un service et non un produit à savoir vendre des fonctionnalités et pas des caractéristiques. Il faut ensuite être capable d’entrainer votre client sur le terrain de l’affectif où la raison n’a pas de place ce qui vous permettra d’augmenter vos marges. Mais attention à ne pas aller trop loin comme est entrain, à mon avis, de le faire Apple en exagérant sur le prix de ses services (enfin je voulais dire produits!!!!).

Arrêtons le bla bla vive l’action !!!

Dans le monde de l’entrepreneuriat on pense à tord que la clé pour créer une entreprise c’est non seulement d’être le premier mais surtout d’être le premier a avoir une bonne idée.

Cela fait 15 ans que j’accompagne des entrepreneurs et mon expérience me conduit à dire que ce n’est pas l’idée qui fait le succès mais la façon dont on la met en oeuvre!!!

Oui mais la question est comment mettre en application une bonne idée?

Voici quelques trucs que j’ai extrait d’un article publié dans Business Insider :

  1. Avoir une vision excitante.
    Avoir une vision ne suffit pas. Il faut avoir une vision qui transcende vos équipes, vos partenaires. Cette vision permet à tous de savoir où vous voulez aller mais aussi comment vous voulez y aller…
  2. Créer la meilleure équipe.
    Les investisseurs ont tendance à dire que les 3 critères de choix d’un investissement sont l’équipe, l’équipe et l’équipe. Il faut s’entourer des meilleures personnes dans leur domaine et pas seulement des personnes avec lesquelles vous vous entendez le mieux.
  3. Communiquer, communiquer et communiquer…
    La communication est aussi une des clés du succès d’une entreprise. En effet, vous pouvez l’expérimenter tous les jours : transmettre une information, bien se faire comprendre est souvent un exercice périlleux. Il faut donc adopter une communication franche, ouverte, honnête et ne pas hésiter à dire les choses qui fâchent!!!
  4. Cultiver une certaine urgence.
    L’urgence permet d’agir vite donc de transformer votre organisation en une organisation, agile, flexible et adaptable. C’est le propre du succès d’une startup qui par sa position de challenger et par sa taille, lui permet de profiter d’opportunités qu’une grande entreprise ne peut pas à cause de sa bureaucratie.
  5. Exécuter les tâches avec précision.
    Agir c’est bien mais attacher de l’importance à la qualité d’exécution c’est encore mieux. En effet, pour que vos actions soient couronnées de succès il faut que la qualité de leur mise en oeuvre soit totale… Il faut donc non seulement se fixer des objectifs et les atteindre mais également mesurer la qualité de mise en oeuvre.
  6. Se focaliser sur les clients.
    Les clients doivent vous parler. Comprendre vos clients, anticiper leur besoin est un élément clé pour la réussite de votre entreprise et surtout pour votre rentabilité.

Citation N°32

Chine : les vélos moteurs de l’économie chinoise!!!!

Citation n°31

« Au Bade-Wurtemberg, les salariés ont accepté… – Usine Nouvelle

L’économie allemande redémarre fort, notamment dans le land de Bade Wurtemberg, une des régions les plus prospères du pays.
Dans ce bastion de l’industrie où Daimler emploie 90 000 salariés, Bosch 50 000, et où les grosses PME performantes comme Trumpf sont légions, le chômage n’a pas dépassé 6% pendant la crise. Il vient de redescendre à 4,7%.
L’Usine Nouvelle a rencontré, à Stuttgart, Jörg Hoffman, dirigeant pour le Bade Wurtemberg du puissant syndicat IG Metall. Pour interroger ce syndicaliste, qui est aussi administrateur du groupe Daimler, sur les clés du modèle social allemand. Et le redécollage de l’industrie. Le tout en français.

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Justement, quelle est la situation de l’emploi ici ?

Les commandes repartent fort et l’emploi aussi. Lors cette crise, l’emploi n’a reculé que de 5%. Aujourd’hui, le taux de chômage dans le land est à 4,7%, soit en dessous du niveau de 2005, et moins encore pour les jeunes. Au plus fort de la crise nous n’avons atteint que 5,9%, ce qui était maitrisable. Il y a eu, bien sûr, les mesures du gouvernement pour stabiliser les banques, la prime à la casse, le plan de relance et le kurzarbeit (temps partiel). Mais cela résulte aussi des accords collectifs entre les partenaires sociaux et d’un état d’esprit partagé sur la nécessité de gérer la crise en commun. L’idée de conserver les salariés le plus possible en situation d’emploi a vraiment dominé.

Quel a été l’état des relations sociales pendant la crise ?

Pour comprendre ce qui vient de se passer, il faut faire un retour en arrière. Notre industrie a déjà connu une grave crise de 1992 à 1994. La production avait alors baissé de 22%. L’emploi en production a plongé alors dans les mêmes proportions et ces postes ont été perdus pour toujours. Ce fut une expérience marquante lors de  la négociation ensuite des accords collectifs entre syndicats et patronat. Car les employeurs ont connu, eux aussi alors, une très mauvaise expérience.  Lors du redémarrage, ils eurent à affronter un grave manque de personnel qualifié. Cela les a freiné dans leur croissance. De plus, les licenciements massifs avaient donné une image désastreuse de l’industrie auprès des jeunes notamment. En 1994, ici à Stuttgart les demandes pour entrer dans les écoles techniques ont baissé jusqu’à 80% ! Nous avons mis dix ans pour regagner de l’attractivité dans nos secteurs. Certes, cette fois-ci la production a chuté jusqu’à 50%, mais la situation est totalement différente puisque l’emploi, je vous l’ai, dit n’a reculé que de 5%. Et cela on peut le regagner.

Comment cela s’explique ?

Dans le land de Bade Wurtemberg, les partenaires sociaux ont conclu des accords très importants en 2005 dans l’industrie. Le dispositif principal est le « compte temps », c’est-à-dire la modulation horaire dans l’entreprise. C’était une réponse à la volatilité des commandes dans des secteurs très exportateurs. Avec un deal simple entre les employeurs et syndicats : la flexibilité contre sécurité de l’emploi. C’est ce qu’IG Metall a signé avec Südwest Metall (le patronat NDR). L’amplitude, déclinée au niveau de chaque entreprise, peut aller jusqu’à, plus ou moins, 300 heures par an. Sur un horaire annuel de 1500 heures environ, cela donne presque 20% de flexibilité. Et les entreprises ont l’obligation de jouer sur cette flexibilité avant d’envisager d’autres mesures, licenciements ou autre.

Lorsque nous avons conclu cet accord, le patronat était très satisfait car il était très marqué par les pénuries de main d’œuvre et la perspective d’avenir lié à notre faible démographie. Auparavant nous avions un système où l’on pouvait réduire les horaires jusqu’à 30 heures par semaine mais avec une baisse de salaires linéaire.

Lors du choc initial de la crise de l’automne 2008, ce nouveau système fut très important car les employeurs n’ont pas réagi en licenciant dans l’urgence. Nous avons eu du temps pour gérer la situation pendant plus de 6 mois.

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