Beigbeder, hussard à la conquête de l’Ukraine – Le Figaro

Charles Beigbeder, avec son associé Alain Mallart, actionnaire de référence d'AgroGénération.
Charles Beigbeder, avec son associé Alain Mallart, actionnaire de référence d’AgroGénération. Crédits photo : AFP

Avant d’investir en Amérique du Sud, Charles, frère aîné du romancier, Frédéric, veut doubler à 100.000 hectares en 2012 la taille de son empire dans l’ex-république soviétique. 

Avec ses faux airs de Largo Winch, on s’imaginerait Charles Beigbeder visitant ses kolkhozes ukrainiens en hélico, n’y passant que quelques minutes avant de repartir pour une destination secrète. Perdu! C’est en minibus qu’il se rend, avec son équipe, dans la ferme de 8000 hectares de Gloukhov, à 350 km de Kiev, écoutant, questionnant, prenant le temps de prendre en photo les champs de blé avec son portable.

Pourtant, comme le héros de bandes dessinées, Charles Beigbeder conduit ses affaires au pas de charge, hussard à la conquête de l’Ukraine. «Son regard extérieur lui permet d’entreprendre des choses impossibles à nos yeux. Il fonce sans arrière-pensées. Croître de 45.300 hectares en trois ans en Ukraine, avec une petite équipe, pour nous, c’était inimaginable!», explique son homme de terrain, Charles Vilgrain, jeune président du directoire d’AgroGénération qui loue désormais les terres de six kolkhozes en Ukraine. Charles Beigbeder en est, avec son associé Alain Mallart, actionnaire de référence. Ils misent sur la hausse nécessaire de 70% de la production agricole prévue par la FAO, pour nourrir la population mondiale d’ici à 2050.

Rien n’est trop beau pour conquérir le grenier à blé de l’Europe sous-exploité: dans la cour du kolkhoze de Gloukhov un énorme Case-IH Steiger articulé, huit roues, 535 chevaux, illustre la démesure de l’exploitation de 8000 hectares. Avec son réservoir de 1000 litres, il peut tourner inlassablement en «trois-huit» pendant les moissons. «L’effet de taille est l’une des clés du succès, assure Alexandre Joseph, directeur financier d’AgroGénération. Le parc motorisé est en moyenne quatre fois plus important qu’en France, mais la superficie 100 fois supérieure.»

Ces fermes n’ont pas été choisies au hasard. L’hygrométrie optimale coïncide avec les très fertiles terres noires, le tchernoziom, dont la couche d’humus est si épaisse qu’elle dispense des coûteuses installations d’irrigation. À Gloukhov, pas de profonds sillons: des disques griffent la terre. Cette méthode plus douce pour l’écosystème est également bonne pour les comptes : «Les économies de carburants et de produits phytosanitaires réalisées permettent une amélioration de 30 à 50% de la marge», assure Alexandre Joseph. «L’optimum est à 53 quintaux équivalent blé à l’hectare», précise Charles Beigbeder. Aujourd’hui, les exploitations sont proches de 43 quintaux, soit près de l’équilibre financier.

Pas d’impôts sur les sociétés agricoles

Depuis le début de l’aventure, l’ensemble des activités a nécessité un investissement total de 30 millions d’euros (Silo, matériels…). Les analystes espèrent un bénéfice pour le quatrième exercice, en 2011. Pour l’exercice en cours le groupe ne devrait pas être si loin de l’équilibre. Particularité locale: en Ukraine pas d’impôts sur les sociétés agricoles, ni de TVA. Pour s’implanter, AgroGénération s’est appuyé sur l’expérience du groupe agri-industriel français Champagne Céréales auquel il vend désormais sa production d’orge.

Les risques sont réels: quatre gardes protègent matériel et récoltes. Les GPS servent non seulement à optimiser l’utilisation des engrais, mais aussi à suivre le matériel à la trace. Pour fidéliser ses 350 salariés, AgroGénération offre les plus hauts salaires de la région (250 à 500 euros), alors que le salaire agricole moyen est de 180 euros.

L’entreprise soigne ses relations avec les 2800 bailleurs des parcelles exploitées. Presque tous sont payés en nature avec des céréales (750 kg) qui leur permettront de nourrir ensuite les animaux. Mais déjà Charles Beigbeder rêve d’autres horizons. «L’implantation en Amérique du Sud avec le décalage de saison permettra de lisser la trésorerie et de mutualiser les risques», explique le créateur d’entreprise qui s’est fixé pour objectif : 100.000 hectares en 2012 en Ukraine.

via Le Figaro

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