Abdel Belarbi, l’ouvrier sidérurgiste devenu patron à la force du poignet – LaVoixEco.com

Vanitas vanitatum, et omnia vanitas (vanité des vanités, et tout est vanité). Pas avec Abdel Belarbi, 60 ans, patron retraité sans l’être.

En 1986, l’homme dépose les statuts de Phydro, société somainoise spécialisée dans la maintenance de matériels hydrauliques et pneumatiques. Vingt-deux ans plus tard, à la veille d’être revendue, la PME pèse 3,5 millions d’euros et emploie 35 personnes. Entretemps, cet aîné d’une famille de sept enfants s’est forgé un destin. En potassant ses cours après sa journée de turbin à la chaleur des laminoirs d’Usinor Denain (1967-1980), puis de ceux d’Usinor Dunkerque (1980-1985). À 14 ans, une décennie après être arrivé sur le sol français, le fils d’Aïssa, le cultivateur des hauts plateaux du Constantinois, entre au centre d’apprentissage de l’immense usine denaisienne.

Bûcher et trébucher

« J’étais un bon élève. Je n’ai pas compris pourquoi il ne m’avait pas laissé continuer l’école. » La réponse viendra plus tard. Aïssa n’aurait pas eu les moyens de payer le lycée. Un père pas argenté mais à l’écoute de sa progéniture. « Il m’a dit que je ne m’en sortirai que par le travail. Qu’il faudrait que je m’accroche toute ma vie. » Abdel n’est pas sourd. Il fonce. Décroche trois CAP, un brevet professionnel de mécanicien d’usinage, le bac pour adultes, un DUT génie mécanique et productique. « Je faisais deux allers-retours Dunkerque – Valenciennes par semaine pour suivre les cours à l’université. J’ai pris vingt jours de congés payés pour suivre cette formation. » Bûcher et… trébucher. La direction d’Usinor Dunkerque ne lui propose rien en retour.

À Dieu vat ! Abdel et son épouse, elle aussi salariée dans l’entreprise, empochent un chèque de 100 000 francs. « J’ai mis 50 000 francs dans l’affaire. » Phydro est né, croit et embellit. En janvier 1991, Phydro fait partie des 200 premières entreprises nationales, et même « troisième entreprise du Nord », à bénéficier d’une certification ISO 9002.

En 2008, lors de la revente de la société, Abdel exige qu’il n’y ait aucun licenciement. « Sans mes salariés, je ne suis rien. » Sans ses trois enfants non plus. Sa fille Sandra, l’aînée, revient à la création d’Aivetec, PME de négoce international. Laetitia Foulon, son ancienne assistante de direction chez Phydro, le rejoint fin 2009, quand naît Aphymtec, une PME de mécanique générale. Abdel n’est pas rassasié : « Je cherche à reprendre une société. J’ai étudié sept dossiers. Tous trop chers. » •

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