Pourquoi les banques ne financent pas les startups technologiques ?

Suite de mon post sur les banques et oui encore elles. Après avoir essayé d’analyser les raisons pour lesquelles le fossé se creuse entre entrepreneurs et banquiers, je vais essayer de comprendre pourquoi les banques ne financent pas les entreprises technologiques.

Vous me direz la réponse est déjà dans le post précédent à savoir les banques ne financent pas l’immatériel. Certes mais elles comprennent quand même que notre économie est de plus en plus basée sur l’immatériel et que l’essentiel des moyens de production sont délocalisés dans les ateliers du monde à savoir la Chine en premier lieu et ensuite les pays en voie de développement.

Pour moi la réponse sur cette frilosité des banques à financer les entreprises technologiques tient en deux paramètres. Il faut en effet dépasser le vieux cliché de dire que les banques ne financent pas l’immatériel. C’est vrai mais alors pourquoi financent elles de grandes entreprises de logiciels comme IBM, Apple ou encore des entreprises de services comme Cap Gemini. Parce qu’elles sont trop grandes, oui vous avez peut être raison mais pas seulement à mon avis.

La première problématique des entreprises technologiques est que ce sont des entreprises très capitalistiques. Elles ont besoin de beaucoup d’investissement pour véritablement commercialiser des produits innovants et souvent en rupture avec les normes du marché. Outre cet aspect de nécessité de capitaux, le risque est extrêmement important de ne pas trouver un retour sur investissement. Regardez l’industrie des biotechnologies. Combien d’entreprises biotechs meurent pour qu’une réussisse ? Combien de projets de recherche sur des thérapies atteignent les stades des tests cliniques et combien de projets en test clinique finissent en médicament ? Créer une entreprise dans la technologie, c’est nécessairement abandonné une partie du pouvoir à des investisseurs car il est impensable de la financer par la dette. Souvenez du fameux ratio : dettes/fonds propres. Il est fondamental si on veut se faire financer par un banquier de renforcer au préalable ses fonds propres soit par entrée de Business Angels soit par entrée de partenaires financiers ou corporate.

La seconde problématique est que les banquiers sont incapables de se faire une idée précise de la réussite ou de l’échec du projet. Il est nécessaire pour se faire une idée de faire appel à des spécialistes. Mais soyons honnête. Peu de gens sont capables de se faire une idée précise du succès ou de l’échec d’une entreprise technologique. Même les business angels qui investissent dans ces entreprises se fient plus à leur «flair» d’entrepreneurs et à la capacité de séduction des entrepreneurs qu’au contenu technique des entreprises…

En écrivant ce post, je me suis posé la question que beaucoup de gens peuvent se poser. Pourquoi faire appel à des banquiers alors qu’ils sont si difficiles à convaincre ?

La question mérite d’être posée et la réponse en est simple : ils proposent tout simplement l’argent le moins cher du marché. En effet, aujourd’hui contracter un prêt vous coûte entre 3 et 5 % hors assurance. Or si vous faites appel à des sociétés d’affacturage la facture est nettement plus salée et ne parlons pas des capitaux investisseurs qui souvent demandent une rentabilité de plus de 10 % par an !!! Alors bien sûr faire rentrer des investisseurs en capital semble le plus facile (outre l’aspect de convaincre). Bien sûr, ils ne demandent rien au départ et vous laissent dans la plupart du temps gérer votre entreprise en toute indépendance mais si elle se développe, c’est paradoxalement là que les ennuis commencent car c’est à ce moment là qu’ils réalisent que leur investissement peut être très juteux.
Vous me direz pourquoi ne disent ils rien quand l’entreprise ne fonctionne pas. Le banquier lui me poursuit et me harcèlent jusqu’à paiement. Certes, mais un investisseur en capital pense global sur son portefeuille et non dossier par dossier comme le banquier. Mais çà c’est une autre histoire.

En résumé, la morale de l’histoire est que se faire financer à bon compte pour une entreprise technologique, cela n’existe pas et qu’il faut passer par la case capital investissement pour financer le développement…

Posted via email from Tech2buziness

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