Fonds d’investissement & veille technologique

Je viens de lire sur l’excellent TechCrunch France un article sur la création de fonds d’investissement par les sociétés high techs qu’on appelle aussi corporate venture. En effet, Google serait sur le point d’annoncer la création d’un fond d’investissement et que Nokia souhaite injecter $150 millions dans son fond disposant déjà de $100 millions.

Nouveau me direz vous ? Non, au contraire, vieux comme l’industrie du capital investissement. La plupart des grandes entreprises du Dow Jones possèdent leur fond. Si on regarde les statistiques dans Moneytree, on s’aperçoit qu’ils ont toujours été très actifs. Même en France, des corporate venture existent tels que Innovacom pour France Telecom ou Dassault Investissement pour le groupe Dassault Technologie.

Quel est l’intérêt pour les sociétés ? Comme le souligne Ouriel Ohayon l’animateur du site, ces corporate funds ont une stratégie plus industrielle que les fonds d’investissement indépendant. En effet, ils investissent dans les entreprises proches du métier de base de leur maison mère. Intérêt pour le grand groupe, injecter une dose (petite ou grosse) innovation externe ce qui permet aux idées de s’aérer. Intérêt pour les startups : profiter des ressources de leur investisseur et de trouver une sortie tout trouvée.

Je pense que le développement de ces fonds sont très utiles pour revenir aux fondements même du capital investissement qui ces derniers temps a plus investit en fonction d’effet de mode que de réels intérêts industriels. Le principe de base d’un fond est de croire aux fondateurs et à leur projet industriel pas de sortir tout de suite leur calculatrice pour savoir combien ils vont gagner et à qui ils pourront refourguer leur participation quand la mode sera en passe de se terminer… Revenons un peu aux logiques industrielles plus qu’aux logiques financières. Est ce la finance qui dicte l’industrie ou l’inverse ? Moi j’ai mon idée…

On peut même aller plus loin. Ces fonds couplés à des incubateurs peuvent être des machines à spin offs. C’est quoi ce mot barbare. Simplement un angliscisme de plus qui désigne des entreprises créée avec la bénédiction de leur maison mère par des anciens de grands groupes. Intérêt pour le grand groupe : explorer des marchés non matures, trop risqués ou trop éloignés de leur métier de base sans engager trop de moyens, avec une structure légère et surtout sans associer le nom du grand groupe. Intérêt pour les fondateurs, double : si çà marche, gagner beaucoup d’argent et grimper rapidement dans la hiérarchie du groupe ; en cas d’échec : retour à la case départ bien au chaud dans le grand groupe. Belle sécurité non ?

Vous allez me dire quelle peinture idyllique voir un peu trop angélique ? Vous avez raison. Sur le principe, rien n’est plus facile mais que se passe t’il quand çà ne se passe pas bien ? Eh bien comme dans tout business, çà peut se régler à l’amiable ou devant les tribunaux. Je vous répondrai aussi comment çà se passe quand on s’entend pas bien avec son fond d’investissement ? C’est le même cas de figure. Il ne faut pas oublier que tout comme les fonds d’investissement « classique » les corporate funds investissent qu’en minoritaire, ce qui veut dire que les fondateurs ont les mains libres (ou presque) de développer leur business…

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